Au moment de choisir un LMS (Learning Management System) difficile de s’y retrouver parmi les dizaines de solutions proposées par le marché.

 On peut néanmoins structurer celui-ci en 4 catégories suivant les besoins de l’entreprises :

  • Les solutions propriétaires leaders qui offrent des réponses complètes et personnalisables,
  • Les solutions propriétaires standard qui couvrent les besoins basiques,
  • Les solutions open sources, ouvertes et gratuites mais qui nécessitent d’avoir en interne des compétences informatiques pour pouvoir les déployer et les personnaliser,
  • Les solutions MOOC (Massive Open Online Course) nées de la révolution numérique dans l’enseignement supérieur qui permettent de gérer un grand nombre d’apprenants mais avec des fonctionnalités encore limitées.

Les solutions MOOC (Edx, Canvas) et une majorité de solutions open source (Moodle, Claroline) sont issues du monde l’enseignement. Bien qu’ayant de nombreux atouts, elles ne sont pas toujours adaptées aux exigences du monde de l’entreprises, et nous les étudierons lors d’un prochain article.

  • Les solutions propriétaires leaders

Si votre objectif est de former plusieurs milliers de salariés en intégrant différents parcours et avec des contraintes particulières (déclinaisons linguistiques, parcours très personnalisés), vous trouverez sans doute la réponse à votre besoin parmi les LMS propriétaires leaders du marché. Leurs clients sont principalement des grands groupes et des multinationales. Pour faire une comparaison facile avec le monde du textile, ces plateformes proposent du « sur mesure » avec de nombreuses possibilités d’adaptation et de personnalisation, alors que les solutions standard sont plutôt dans le « prêt à porter » avec moins de fonctionnalités mais à des prix beaucoup plus abordables.

Les tarifs de ces solutions comprennent des coûts fixes, généralement une license et des frais de démarrage couvrant la personnalisation et la formation à la plateforme, et des coûts variables qui pourront s’étager de 10 à 25 € par utilisateurs suivant la volumétrie ou les fonctionnalités activées. L’échange avec leurs commerciaux vous fera comprendre qu’à moins d’un budget d’au moins 20 000 € à investir vous ne les intéressez pas vraiment, et ils n’hésiteront pas vous renvoyer vers les solutions standard.

Depuis maintenant 4 ans le FFFOD, le forum des acteurs de la formation digitale, publie chaque année son guide «LMS et MOOC  Comment choir sa plateforme » qui croise un questionnaire de 220 questions envoyées aux éditeurs pour attribuer à chaque plateforme une note de 1 à 5 sur les critères suivants :

  • Pédagogie
  • Design et ergonomie
  • Technique
  • Suivi et Reporting
  • Déploiement
  • Services

Sur la base de ce guide, nous avons réalisé l’infographie ci-dessous qui rassemble les résultats obtenus pour les plateformes LMS propriétaires leaders déclarant plus de 2 millions d’utilisateurs

Infographie sur les Learning Management System
Infographie TOP 5 des LMS propriétaires

Les solutions LMS standard

Si vous êtes une entreprise ou un organisme qui souhaitait mettre en place une formation à distance avec quelques dizaines ou centaines d’apprenants, vous aurez sans doute intérêt à vous tourner vers des solutions standard, qui vous permettront de faire vos premiers pas en digital learning sans trop de risques et pour des coûts raisonnables.

Les solutions dont nous allons parler vous permettront de couvrir l’essentiel des besoins classiques en matière de formation à distance.

Notre sélection comporte 3 LMS développés par des start-up (360 learning, Rise-up, Tactiléo) et 2 par des éditeurs informatiques qui ont su faire évoluer leurs logiciels d’e-learning vers des solutions Digital Learning.

Les start-up ont conçu leur LMS en s’attachant à offrir à l’apprenant la meilleure expérience possible en s’appuyant sur celles des géants du digital.  On retrouvera ainsi chez eux des ergonomies et des fonctionnalités directement inspirées des leaders des réseaux sociaux (Facebook) et du webanalytic (Google Analytics).

Les éditeurs de logiciel, quant à eux ont développé leurs solutions sur la base des contraintes métier du e-learning. Elles sont donc très complètes côté backoffice, mais avec des interfaces pour les apprenants moins attractives et intuitives que celles conçues par les start-up.

Lancée en 2009, la société propose une plateforme LMS faisant la part belle aux fonctionnalités collaboratives. L’interface pour le formateur est très facile à prendre main et les tarifs ont le mérite de la clarté avec un premier prix à 8 € par utilisateur et par mois, sans engagement de durée et qui baisse fortement quand on dépasse les 500 utilisateurs.

Lancé en 2014 sous le nom d’UpGraduate, la société adopte le nom de Rise UP fin 2017. Elle propose un LMS gratuit Rise Up Go qui permet de créer des formations et ainsi de tester l’outil, l’objectif étant ensuite de vous faire passer à la version payante Rise Up Surf qui vous permettra de personnaliser la plateforme à vos couleurs avec autant d’interfaces possibles que de formations.

Conçue par la start-up auvergnate Maskott, Tactiléo a remporté en 2016 un appel d’offres de l’éducation nationale pour fournir une plateforme utilisable par les 100 000 enseignants et 2,5 millions d’élèves des collèges. Outre son interface très ludique, la start-up innove avec l’adaptive learning en injectant de l’intelligence artificielle pour proposer le meilleur parcours aux apprenants. Depuis son lancement la start-up séduit aussi les entreprises et propose une offre d’accompagnement du projet.

La plateforme éditée par la société Logipro fait partie de la suite logicielle Tree learning qui comprend aussi un outil de création des ressources pédagogiques (Créa Learning) et un outil de gestion de l’activité formation (System Learning). Un des points forts  d’Agora Learning est de permettre de gérer aussi le blended  learning avec la gestion des formations présentielles. 

  • Netopen

La société créée en 2000 commercialise 2 solution LMS : Open LMS et Docebo LMS

Open LMS une solution développée en interne avec un tarif de 99 € HT par mois pour un abonnement jusqu’à 30 utilisateurs et sans engament de durée. Des tarifs dégressifs se déclenchent pour des paliers de 50, 100, 250, 500 et 1000 utilisateurs. Ce LMS répond à l’essentiel des besoins d’une formation distancielle et peut être personnalisé et mise en place très rapidement.

 le LMS conçu et développé par Docebo, déjà vendu dans 80 pays avec des fonctionnalités plus étendue qu’Open LMS  pour un tarif de 390 $ par mois pour 100 utilisateurs.

Alors pour le choix de votre prochain SMS opterez-vous pour du sur-mesure ou une solution standard ? Pour compléter cet article nous vous recommandons aussi de visiter les deux plus gros salons professionnels où la plupart des solutions du marché exposent. L’occasion en un seul lieu d’assister à leurs démonstrations et de les comparer.

Premier dans le calendrier, le Learning tech ( ex ilearning forum) qui abandonnera en 2019 la Porte de Champerret pour s’installer les  30 et 31 janvier prochains  Porte de Versailles avec de nouvelles ambitions. Un peu moins de 2 mois plus tard, le E-learning expo lui succédera les 19, 20 et 21 mars 2019, dans le même hall 4 que les salons Performance RH et  Performance et Talents.


Salon Learning Technologies 2019
Learning Technologies 2019 les 30 et 31 janvier 2019

Le iLearning Forum, qui se tenait chaque année fin janvier Porte de Champerret, a pris en 2018 le nom de Learning technologies suite à son rachat par Closer Still Media. L’édition 2019 s’est tenu les 30 et 31 janvier dernier dans le Hall 2 du parc des expositions de  la Porte de Versailles. Plus de place, pour plus d’exposants et de conférences afin accompagner le fort développement du digital learning, et c’est bien la dimension digitale qui a dominé cette année.

Du Coté des Learning Management System (LMS), à l’exception de Saba, les solutions leaders du marché étaient toutes présentes (Cornerstone, Crossknowledge, Futurskill, Onlineformapro) avec des stands imposants.

Les démonstrations permettaient de constater que la tendance étaient à l’UX , c’est-à-dire à l’expérience utilisateur. L’apprenant étant au quotidien de plus en plus connecté au digital il n’est pas étonnant de constater que les interfaces proposées s’inspirent des réseaux sociaux et du plus célèbre d’entre eux, Facebook.

L’utilisation des smartphones étant prédominant dans les usages digitaux, le mobile learning qui était encore émergent il y a deux ans s’impose comme une tendance de fond. Ainsi toutes les solutions LMS intègrent maintenant une accessibilité des modules de formation via smartphone.

Mais, parce les conditions d’utilisation ne sont pas les mêmes qu’avec un ordinateur, la conception des modules doit être revue pour proposer des ressources pédagogiques graphiquement adaptées et surtout nécessitant un temps de concentration plus court pour l’apprenant. L’objectif est que celui-ci puisse se former via des modules courts y compris hors travail et dans les transports pour une consommation « snacking » de sa formation. Les sociétés Teach on Mars et Skillsday se sont ainsi spécialisées dans la conception de ce type de modules. L’arrivée de la 5G dans les prochains mois devrait ouvrir de nouvelles perspectives notamment avec la possibilité de vidéos enrichies, voire d’hologrammes.

Si les Serious Game étaient représentés sur le salon, les conférences et les interventions des exposants montraient que la vidéo s’était imposée comme l’expression pédagogique permettant le meilleur engagement des apprenants. Les prestataires en réalisation vidéo étaient nombreux à exposer, et on remarquait la solution de vidéo interactive de Kumullus. Celle-ci promet de prendre en compte toutes les interactions de l’apprenant avec les vidéos pour lui proposer de nouveaux contenus au point de parler d’adaptive learning.

Si l’intelligence artificielle (IA) est devenue un axe central dans la stratégie des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple Microsoft) sa déclinaison en matière de formation se résume pour l’instant à ce concept d’adaptive learning et à l’ancrage mémoriel. L’objectif est de personnaliser les parcours et permettre de renforcer l’aide aux apprenants en fonction des difficultés qu’ils rencontrent.

Woonoz a fait de l’ancrage mémoriel son cheval de bataille. En s’appuyant sur les neurosciences et l’IA sa solution ambitionne d’adapter la formation de l’apprenant en fonction de sa capacité à mémoriser. Son projet Voltaire un service en ligne de formation à l’orthographe est utilisé dans de nombreux établissements du supérieur pour remettre les élèves à niveau. Nul doute que l’intelligence artificielle devrait révolutionner dans les prochains mois le Digital Learning. Rendez vous vous l’année pour une nouvelle édition des Learning Technologies.

Article initialement paru en février 2019